Aventures dans le Caithness et le Sutherland
Dans le prolongement de deux années d'étude en Ecosse et de la publication il y a deux ans d'une fiction que j'ai imaginée dans la région des Highlands, le bilan d'un voyage de "retour au pays" !

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Album photo
Mes amis

Voyage et écriture

Menu

Mes livres et réalisations diverses
Théâtre et voyage
Modelage
Ecriposoph
Politics, world...
Blog d'origine
Vidéos théâtre voyages


Highland games à Halkirk (samedi 26.07, journée) 2/2

 

              Au centre du terrain, inlassablement, un autre joueur de cornemuse, jeune fille aux joues gonflées, à l'œil fixe, assure le tempo pour les groupes de Highland dancers qui se succèdent et rivalisent dans des danses aux pas complexes. Les mains levées, doigts pincés comme pour imiter les cornes des cerfs, tout en grâce et en virtuosité, dressées sur la pointe des pieds, (je dirais des « pinceaux ») car elles dessinent un véritable tableau entre les deux épées qui leur imposent un cadre.

              Le clan Sinclair est réuni. Ou du moins ses personnages les plus importants et représentatifs. Ceux que nous connaissons, Ian, Kay, Graham, mais aussi ceux qui nous sont présentés à cette occasion : Malcolm, le chef du clan, Ron, l'éditeur de la revue, des membres rattachés au clan, Américains et Australiens.

              Plaisir aussi de revoir des amis venus là spécialement pour nous voir. Diana Mac Boyle qui était une de mes élèves à l'époque où j'enseignais à Wick (nous avons revu ses parents mercredi soir), Alison, à qui nous avons laissé un petit mot dans la boite aux lettres alors qu'elle était en déplacement à Londres pour son travail et qui nous avoue, l'air réjoui, que « les Highland games de Halkirk » sont ses premiers Highland games ! 

 

 



Publié à 07:10, le 13/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Highland games à Halkirk (samedi 26.07, journée) 1/2

 

              Le grand rassemblement du nord des Highlands a lieu cette année encore à Halkirk, à l'occasion des « Highland games ». L'occasion pour les athlètes de la région de s'affronter sur une vaste aire de pelouse verte, disons, sans chercher à vexer personne, de « gazon anglais » !

              Cyclistes, coureurs, danseuses, lanceurs de poids, de troncs d'arbres (« toss the cabber »), tout ces acteurs de la tradition si hauts en couleurs et majoritairement habillés du kilt rivalisent presque simultanément. Les juges occupent le terrain un peu partout et officient dignement sans se préoccuper ni de la foule ni des autres épreuves.

              Jeux d'origine tribale, fondés sur la force brute, la vivacité ou encore l'habileté. Le tout dans le fracas des cornemuses. Car régulièrement, le « pipe band » fait le tour du terrain et entonne un air traditionnel qui met le monde en joie. Tambours, houpettes, cornemuses. Et puis, aussitôt, les épreuves recommencent de plus belle : sur une estrade, isolément, un joueur mesure ses efforts, son souffle, ses notes, sa position, sous l'œil avisé d'un juge assis sur une chaise pliante.

 



Publié à 06:17, le 12/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Port de Sarclet (vendredi 25.07, soirée)

 

              Comme Whaligoe, Sarclet est un petit port de l'époque du « herring fishing » qu'il faut aller chercher à l'écart des grandes routes et même au-delà des limites de la civilisation. Cela s'explique par la configuration des lieux.

              La falaise est abrupte au bout de la route et les dernières maisons avec vue sur mer semblent marquer la limite extrème. Et pourtant, si on s'avance un peu plus vers cette lumière marine qui émerge au bout de l'horizon, on aperçoit une crique entre deux blocs de granite.             

              Sarclet est une ancienne anse équipée pour recevoir la flotille et traiter immédiatement les harengs. A la tombée du jour, un soir d'été, l'endroit est enchanteur. A plat ventre dans la bruyère en fleurs, on se délecte du bleu intense de l'eau, de l'herbe sucrée et mauve. Le regard navigue entre les teintes changeantes du bleu, vert, gris de la mer (en gaélique, le mot « mer » n'est pas fixe, il dépend des infinies nuances du jour et de l'eau...), il navigue, un peu à l'image des goélands qui s'amusent dans les courants ascensionnels.



Publié à 06:02, le 11/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Castle of Mey (vendredi 25.7, matin)

 

              Où sont les touristes? Pas rencontré un seul tout au long de nos marches, randonnées, expeditions. Les  seuls êtres vivants semblent être les oiseaux, phoques, coquillages, fleurs...

              Ce matin encore, une colonie de cinq ou six phoques nous a suivis le long de la balade de John'o Groats à Duncansbay. Ils apprécient visiblement le son de la voix et le sifflement.

              Mais, à la deuxième étape de la journée, Castle of Mey, les touristes réapparaissent... Pas très satisfaisant d'entendre un Français chantonner l'air de « Castorama » !

              La grande dame qui a habité les lieux jusqu'à son décès, la « Queen Mother », avait le sens de l'acceuil et de la simplicité. Elle avait acquis ce château qui appartenait à la famille Sinclair passablement désargentée en 1952, et elle avait entrepris de rénover le bâtiment.

              Elle en a fait son  séjour de vacances et le château est ouvert aux visiteurs à certaines périodes jusqu'à la venue du Prince Charles et de son épouse. Alors, branle-bas de combat pour les régiments prêts à servir sa grâcieuse majesté.



Publié à 06:15, le 10/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Les landes de Loch Jarrow (jeudi 24.07, soirée)

 

              Pénétrer dans les collines recouvertes de bruyère, c'était, je m'en souviens, l'une des fascinations que j'éprouvais en regardant des vitres du train les paysages de landes. Mais les gens me dissuadaient.... Dangereux, trempé, inaccessible, pas de sentier, de repères. Infesté de serpents et de « midges »... C'était pourtant là que passaient les grands cerfs et que se couchaient les plus belles lueurs au fond des lochs.

              Ce soir, au retour de Dirlot, on a repéré sur un guide de randonnée prété par Kathleen un trail qui pénètre au cœur de la lande. Jarrows trail.

              Le chemin est habilement arrangé. De grosses pierres plates permettent de franchir les zones marécageuses, et les signaux nombreux facilitent l'accès rapide à la plus haute colline qui domine la mer et le loch Jarrow. Un cairn indique aussi le sommet et rappelle également que les troupes rivales du clan Sinclair auraient campé là, la nuit qui précédait l'attaque contre les troupes du pays.

 

 



Publié à 06:26, le 9/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Dirlot Castle (jeudi 24.07, après-midi)

 

              De retour du manoir de Kay et Graham Dunnet, secrétaires du clan Sinclair et proches du Prince Charles, halte à l'un des endroits les plus étranges et fascinants du Caithness intérieur.

              Je l'ai évoqué dans l'un des articles consacrés à Sinclair Girnigoe. Le lieu est au cœur de la campagne. Quand le voyageur se penche au-dessus du mur du cimetierre, le regard tombe à pic sur la rivière qui fait un coude et se laisse entraîner vers les gorges qui s'enfoncent dans les profondeurs de la lande. En face du cimetière, un tertre du haut duquel un chef militaire ou religieux pouvait très bien tenir une assemblée.

              Ian affirme que, du fait de son orientation et de sa position sur le territoire, Dirlot Castle est directement lié à Rosslyn Chapel. Quand je venais là, les premières années, c'était parce que j'avais entendu parler du trésor enfoui tout au fond du puits de la rivière.



Publié à 06:20, le 8/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Old Pulteney Whisky (mercredi 23.07, après-midi)

 

              Wick n'est pas sur la whisky trail... Mais quel bon whisky ! Le Old Pulteney est le whisky de la distillerie de Wick.

              Elle remonte à 1826, période où s'amorçait la prospérité de Wick sous l'impulsion d'un dénommé Pulteney qui a saisi l'occasion d'un renouveau lié à la mer et aux bateaux.

              Dans cette partie de la ville affluaient les bateaux remplis des fameux « silver darlings » et une population de plus en plus nombreuse s'affairant sur les quais et se distrayant à petits coups de verres de whisky...



Publié à 07:32, le 7/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Magie sur la Wick River (mercredi 23.07, après-midi)

 

 

              Descendre le fil de la rivière jusqu'au mémorial de la bataille qui a opposé le clan Sinclair au clan Gunn, c'est franchir un pallier.

              Le sentier bien aménagé est bordé de grandes herbes, on s'éloigne peu à peu du centre ville, du clocher (ce clocher comme le clocher proustien m'indiquant à chaque retour que j'arrivais dans la ville si chère...), des jeux pour enfants, on suit les méandres de la rivière et du sentier, on en pénètre la réalité, chaleur des herbes touffues, courants bleus, fougères, oiseaux, petits lapins furtifs, moustiques, midges !

              La légende raconte l'apparition de la fée à un joueur de violon tout au bout de la balade. Mais il est encore trop tôt dans le grand après-midi de juillet et il faudrait attendre le coucher du soleil au-dessus de la Wick River et le splendide vacarme des mouettes au loin dans les grottes.

 



Publié à 07:18, le 6/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Envolée au large de Sinclair Girnigoe (mercredi 23.07, matin)

 

              10h00 du matin, 27-30 nœuds. Nous avons embarqué à bord d'un zodiaque propulsé à toute vitesse en direction de la baie des Sinclair. Le temps est radieux, la mer plate et transparente.

              Ralenti du côté de Staxigoe. La colonie de phoques que nous avons cherchée mardi dernier est toujours installée à Staxigoe comme je l'y ai toujours connue, mais elle est dissimulée derrière une bande rochers. Passer au large, c'est comme lever le voile et les surprendre dans l'intimité. Quelques uns persistent à se dorer sur les rochers, les autres plongent aussitôt et dressent une tête inquiète et curieuse.

              Accélération jusqu'à Sinclair Girnigoe. Moment sacré d'autant que sont à bord à nos côtés Ian et les deux archéologues qui travaillent sur le site et nous ont rejoints. C'est le château tel qu'il apparaissait de la mer qui se dresse sous nos yeux dans l'éclairage éclatant du soleil.

 

              Je pense avec un sourire à la scène où Sheumas prépare le mauvais coup à destination de Rebecca et de Lou dans le Ceilidh. Jenny me demande de lui rappeler la situation de la plage. C'est justement la petite plage de Sandigoe qui permet l'accès au château et nous y sommes précisément...



Publié à 06:18, le 5/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Bucholie Castle (mardi 22.07, après-midi)

 

              Sans doute l'un des endroits les plus magiques de la côte. D'autant plus magique qu'aucun panneau, aucun guide ne l'indique précisément. J'ai, depuis le début où je l'ai découvert en rôdant muni d'une carte topographique, l'impression de l'exclusivité.

              Bucholie est le nom d'un château viking en ruines. Les vikings ont occupé le nord de l'Ecosse à partir du VIII° siècle et le Caithness constituait pour eux un point stragique important. Le voyageur sera surpris par le nombre de lieux dont l'origine étymologique est nordique. Scrabster, Wick, Staxigoe, Thrumster...

              Bucholie se dresse sur un monticule quasi séparé de la côte et la teinte rouge des pierres de la grande falaise en contre-bas jette un éclat sanglant sur la haute silhouette. De là-haut, d'après la légende, Sweyn le viking plongeait et remontait à la force des bras, à l'aide d'une corde suspendue dans le vide.

 



Publié à 06:16, le 4/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Sinclair Girnigoe Castles (lundi 21.07, après-midi) / 4/4

 

              Détour par le Da Vinci Code qu'il est intéressant de relire dans la perspective symboliste et avec cet apport intéressant que livre l'expérience écossaise des Templiers. Pour des compléments d'infos, je donne l'adresse du site suivant que m'a indiqué Ian : http://www.princehenrystclair.com/

              « Le pentacle était à l'origine un symbole pré-chrétien lié au culte de la nature... la caractéristique la plus étonnante du pentagramme étoilé - l'origine graphique de ses liens avec Vénus... La planète trace tous les quatre ans un pentacle parfait dans le ciel écliptique. » Et en note : « Pentacle ou pentagramme étoilé : figure talismanique représentant une étoile à cinq branches, souvent chargée de signes magiques »



Publié à 06:15, le 3/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Sinclair Girnigoe Castles (lundi 21.07, après-midi) / 3/4

 

             

              Je reviendrai sur les liens profonds qui lient les Ecossais (et notamment les Sinclair) avec les Templiers. Pendant la visite, Ian évoque la fameuse épée de Robert the Bruce remise à William Sinclair. Elle serait quelque part dans le château, enfouie sous les paquets de gravats que les archéologues trient méticuleusement.

              Des signes nombreux (pas tous scientifiques, recherches dans les archives mais aussi usage de pendules, révélations de spirites, visions, photographies étranges) révèlent l'existence de quelque chose...

              Un autre endroit renforce la thèse templière. Le secteur du Caithnesss connu sous l'appelation : « Dirlot Castle ». Par intuition, j'ai toujours été fasciné par cet endroit dont une image figure sur la quatrième de couverture du Ceilidh. Le périmètre de Dirlot, à côté du hameau de Westerdale, est magique. Il s'organise autour d'une colline ouverte sur d'immenses perspectives.

              Sur cette colline est construit un vieux cimetierre (probablement à partir des murs de l'ancien château)... Les murs de ce cimetièrre dessinent un pentagramme, une espèce de nef étrange orientée vers l'Est. La petite statue dont la silhouette se dresse sur un tombeau vide ajoute une touche étrange au lieu.

              D'après Ian, le site est directement lié à la chapelle de Roslyn, site sur lequel on reviendra. Les amateurs de Dan Brown se souviennent sans doute de la fin du Da Vinci code qui se déroule précisément à Rosslyn Chapelle. Je relis l'ouvrage avec ce nouvel éclairage et, à propos du pentagramme, je citerai un extrait dans le prochain article.



Publié à 04:32, le 2/09/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Sinclair Girnigoe Castles (lundi 21.07, après-midi) / 2/4

 

              Influence du milieu, de la fonction qu'il occupe, du cadre du château et de la mer autour du phare qu'il habite, Ian est fortement marqué par la spiritualité et la méditation. Il nous confie passer de longues heures d'étude pendant l'hiver dans la bibliothèque du phare.

              Il parle avec enthousiasme des mystères et des curiosités qui l'entourent, des secrets dissimulés entre les murs du château. Hamish est un esprit présent dans l'une des salles, il est convaincu de son existence et parle avec affection et humour de cet « hôte » qui apparaît enroulé dans un grand plaid toujours près de l'ancienne cheminée. On soigne ses vieux os dans ce bâtiment ouvert aux quatre vents !

              Autre mystère (« there are more mysteries on earth Horatio, than has ever dreamt your philosophy » !) : l'épée des Templiers confiée par Robert The Bruce, grand roi d'Ecosse, à William Sinclair, figure essentielle de la lignée Sinclair, initiateur de la Rosslyn Chapelle près d'Edinburgh...



Publié à 03:28, le 1/09/2008,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Sinclair Girnigoe Castles (lundi 21.07, après-midi) 1/4

 

              C'est évidemment l'un des points forts du retour en Caithness : le retour au château Sinclair Girnigoe, site privilégié de la trame du Ceilidh. La visite se fait dans des conditions exceptionnelles puisque nous avons Ian Sinclair comme guide. J'ai déjà évoqué la figure de ce grand prêtre des Templiers, passionné d'histoire et fasciné par le château dont il connaît la moindre pierre.

              Depuis cinq ans, le château est en travaux et l'ampleur du chantier est impressionnante. L'accès est interdit à toute personne étrangère au chantier, des archéologues travaillent sur le site tout l'été et Ian confie, en ouvrant les verrous, que les récentes découvertes comportent les révélations les plus importantes. Mais il garde le secret...



Publié à 06:36, le 31/08/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Patience du voyageur...

Suite à des problèmes techniques liés au déménagement, les articles tardent mais patience ! Tout devrait rentrer dans l'ordre la semaine prochaine et l'Ecosse n'a pas fini de nous fournir un bol d'air en ces temps de rentrée confinée !

Publié à 08:59, le 30/08/2008,
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Neil Gunn et la littérature du far north (Lundi 21.07, matin)

 

Une visite à Dunbeath ce matin, au sud de Wick. Sous un franc soleil d'un été écossais qui semble commencer. Pendant deux heures, par le moyen de "l'heritage trail", nous suivons le fil de la rivière qui serpente entre deux collines escarpées. Dans l'herbe échauffée, la température monte. Lapins, faisans, perdrix « groose », détalent devant nous.

              Nous laissons sur le côté un "broch", ces ruines des premières tribus qui s'installaient à proximité des cours d'eau et qui construisaient pour s'abriter et se défendre des espèces de tourelles. Il y a beaucoup de ces "brochs" dans le nord de l'Ecosse : nous en avons vu un splendide au bout du glen de Strathmore dans la région de Joan dimanche midi.

              Dans les endroits les plus sauvages et inattendus, les Ecossais disposent de jolis bancs en bois, qui font face à la rivière et invitent au repos et à l'émerveillement.

               Dunbeath est la patrie du fameux écrivain écossais Neil Gunn qui a écrit la plupart de ses romans entre 1930 et 1960 et les a situés dans la région. Parmi les plus célèbres : "Silver Darlings" et "Sun circle"... On trouve dans ces œuvres un sens profond du paysage et des gens du Caithness en même temps qu'une attention exceptionnelle au génie du lieu et à sa complexité. J'ai parcouru "Sun circle", je vais lire "Silver Darlings" dont le motif central renvoie à la grande période de prospérité qu'a connue la région au moment des pêches miraculeuses de hareng.

 



Publié à 04:21, le 21/08/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

20.08. Plein ciel (Dimanche 20.07, soirée)

 

                Don Mason... J'ai évoqué il y a deux ans, lors du précédent voyage en Ecosse, la figure de cet ancien aviateur de la Royal Air Force que nous connaissons depuis une vingtaine d'années déjà...

            Au retour de Tongue, nous lui rendons visite à Thurso... Don a aujourd'hui 87 ans et reste un homme vigoureux et passionnant à écouter. Sa réflexion porte davantage sur l'atrocité de la guerre et des expériences terribles que réserve souvent l'existence. Don a traversé des épreuves effroyables dans sa vie militaire mais aussi dans sa vie personnelle.

             Il nous montre le bilan écrit qu'il a réalisé pour un journaliste : il y évoque notamment l'horreur du combat aérien. L'écriture est serrée, subtile, nourrie d'un vocabulaire  précis et nuancé qu'il me faudra approfondir, dictionnaire en main.  A ce stade, la finesse de la pensée passe par le raffinement du vocabulaire.

Don est un amoureux du ciel bleu, des avions et du "vol de Pégase" comme il l'écrit.

             Petit, il découvre avec émerveillement le monde de l'aéronotique, dessine compulsivement des avions. La guerre est déclarée. La France fait appel aux alliés. Il sort de sa première école de pilotage, il est jeune, il s'engage dans ce "combat pour la Liberté".

             Au cours d'un vol, son avion est touché au-dessus de l'Atlantique nord. Situation désespérée. A peine le temps de sortir le dinkie pour sauver les deux hommes qui composent l'équipage. Mais l'un d'eux a le fémur brisé.

             Don se débrouille alors pour l'allonger à l'intérieur d'un brancard de fortune qui occupe toute la longueur du dinkie. Il n'y a plus de place pour lui. Alors, à l'aide d'un couteau, il donne un coup dans le réservoir. Le carburant s'échappe dans l'eau froide et fournit aussitôt une gaine de liquide plus tiède que l'eau froide. C'est dans ces conditions extrèmes que Don et son  compagnon attendront les secours qui mettront 52 heures avant d'arriver.

             Automne 2001, Don apprend que son compagnon d'infortune installé en Australie est en train de mourir d'un cancer et le réclame : il fait le voyage et arrive à temps pour lui serrer une dernière fois la main et lui rappeler que la mort a déjà été assez bonne avec l'un et l'autre...



Publié à 03:57, le 20/08/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Scottish primrose, dimanche 20.07, matin.

 

               C'est le nom de cette petite fleur protégée qu'on trouve très rarement dans le nord de l'Ecosse et dans les îles Orcades. Ce matin, la mer est agitée et le ciel secoué par des rafales de grêle. Margaret, nièce de Joan, nous attend à Talmine, baskets aux pieds, et nous partons sans tarder, d'un pas vif en direction de la falaise, flanqué de la petite chienne grise qui porte le nom gaélique de "Spirag", ce qui signifie "facétieuse".

              La pluie arrive par intermittences, forte, glacée. Les moutons, tout proches de la falaise,  semblent cabrioler sur les flots. Les vagues claquent sur les rochers et les visages crispés reçoivent des paquets d'embruns. L'œil est un phare. Mouvement giratoire qui balaie les milliers de fleurs sur la colline et l'embouchure de la kyle, cette espèce de fjord à l'écossaise.

              Je rêve dans ce défilé de quelque Léviathan, du surgissement de quelque kraken improbable (le pub du hameau s'appelle justement "le kraken") quand Margaret s'agenouille et triomphe : "Nous l'avons trouvée, nous l'avons trouvée !"

Elle pince entre les doigts une toute petite fleur mauve, la primevère d'Ecosse !

Allongez-vous pour la contempler, il ne faut surtout pas la cueillir !



Publié à 04:45, le 19/08/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Le rayon vert de Talmine (2/2), samedi 19.07, soir.

 

              Pique-nique dans la lande. Nous marchons en direction de Castle Varich situé tout en haut d'une colline qui domine la kyle de Tongue. Vestige d'un château viking dans le genre de ceux qu'on voit dans l'est. Les vikings ont pénétré jusque là et ont laissé de ces bâtiments destinés à surveiller le territoire.

              Promenade en voiture avec Joan qui connaît l'histoire de chacune des vieilles pierres de Talmine où sa famille vivait. Les descendants occupent toujours les maisons et sont attachés aux pierres de la communauté familiale.

Nous fêtons l'anniversaire d'un proche qui tient à nous inviter. "Vous êtes comme de la famille"... Toasts de saumon frais, fromage, vin, petits gâteaux... La soirée risque de se prolonger au whisky, alors nous prenons l'air.

              Dans le ciel de 20h00, le soleil bataille et les collines qui tombent dans la mer se teintent d'un vert sous-marin. De gros coquillages émergent sur la grande plage qui avance sur l'étendue de la mer (comme une langue immense : "tongue"?) Immensité blanche, ourlée par les dunes et le mouvement immémorial du silence. L'impression d'un début du monde ou d'une plage immaculée dans le genre de celle de l'imagination d'un enfant qui viendrait de lire "l'Ile au trésor".

              Et là haut, dans son petit cottage, nous attendent Joan et le petit peuple de Talmine : Margaret, Mark, Alison, Rosemary... Un dernier thé avant la pluie qui triomphe  sur les hauteurs du Ben Hope et qui descend en rafales vertes dans les champs de moutons, jusque sur la plage.



Publié à 04:20, le 18/08/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Le rayon vert de Talmine (1/2) : samedi 19.07, midi.

 

             Petit matin, vent fort, ciel bas. Petite pluie acérée, style crachin breton en plus fin ! "Drizzle! Freezing drizzle !" Température extérieure : 9°!

             Rendez-vous chez Joan cet après-midi, dans le comté du Sutherland à hauteur de Tongue, (petit hameau de Talmine que nous connaissons bien!) C'est un autre paysage chaotique, une lumière d'été labourée par les trombes d'eau, les glaciers, la mer, limite absolue toujours à l'horizon.

              Nous sommes à l'extrémité nord de l'Ecosse, sur des "single tracks", routes à une voie facilitées par des "passing places". Entre landes et rivières, rochers et lochs, des plages de sable blanc ouvrent davantage l'horizon et l'espace du rêve.

              Rouler dans cette direction, vers l'ouest, c'est comme franchir un seuil. Les montagnes des Highlands s'arrêtent là, et l'érosion continue par la côte... Le ciel est secoué par les bourrasques de vent, traversé par des nuages gris en déroute, puis blancs, puis de plus en plus effilochés au fil des kilomètres. Flaques de ciel bleu en écho à l'éclat des lochs et rivières. Enfin, le soleil passe un rayon d'or, lumière immense qui inonde le ciel. 

 

PS : du fait de mon déménagement imminent, je me demande combien de jours de connexion il me reste. Il faudra alors un peu patienter avant la "reconstruction" de l'environnement informatique !



Publié à 04:06, le 17/08/2008, dans Voyage et écriture,
Mots clefs :
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien